Polar Reves Factory

Aujourd’hui… c’est grave ! Et c’est la goutte d’eau.

Créer, c’est résister.
Résister, c’est créer.


Hier. L’appel du conseil national de la résistance.

Aujourd’hui. La fin de… La Direction de la lecture et du livre, déjà menacées par Albanel, est depuis le 15 novembre, par décret, lettre morte… au sens littéral du terme. Lire l’article de François Bon à cet égard.
LE LIRE ABSOLUMENT.
Cliquer ici
Frédéric Mitterrand, ministre de la culture, accueilli par les gens de la culture avec un soulagement… enfin, avant de comprendre. Sachez que notre ministre vient de signer ce qui, symboliquement pour la psy et l’écrivain que je suis, s’apparente à un autodafé. Toutes les dictatures s’en sont pris au livre, et à la musique. Berlin, 1933/1939… juifs et allemands, libraires tous, ont vu voler en éclats leur librairies, et leurs livres brûlés en place publique.
D’aucuns, je le sais, car on m’a déjà fait le coup, me diront que j’exagère, que je "pessimise"… mais ce qui se produit aujourd’hui en France, autour du livre, et plus largement, autour de la condition des artistes, autour de la liberté, de la sphère privée comme publique, exhale - pour ne pas dire : pue ! - des relents inquiétants. Fascisants.
Donc, par décret, mort du livre et de la lecture cliquez ici pour lire le décret.
Cela signifie la mort des petits libraires, des soutiens aux nouvelles revues et autres publications, des bourses pour auteurs inconnus, des résidences et ateliers d’écriture, de tout ce qui n’entrera pas dans la "nouvelle industrie du livre"… en bref, il en va de la liberté d’expression, soi-disant si chère à l’esprit français. Enfin, si chère, avant, ou alors si chère que nous en payions le prix fort en ce mois de novembre 2009, tandis que le taux d’analphabétisme en France avoisine les 15 %.
Officiellement.
Et ce taux n’est pas l’exclusivité d’étrangers qui arriveraient, ce matin, dans notre pays sans posséder les rudiments de notre langue. Cela concerne beaucoup de Français qui, chaque jour, vont à l’école de la république, ou cherche du travail, voire travaillent déjà. Mais ne maîtrisent pas la langue.
Alors, avec Francis Mizio, mon compagnon, écrivain lui aussi, et animateur d’atelier d’écriture, comme nombre d’auteurs non rémunérés par la fonction publique ou privée agissent : en milieu carcéral, et dans les secteurs les plus défavorisés, mais aussi dans les secteurs favorisés, journalistiques par exemple, où, constat, le niveau linguistique laisse songeur ; nous avons donc pensé ce soir, révoltés par ce décret et l’irrespect, le manque à la République, à la culture, à ce qui fait de nous des citoyens, des humains, des penseurs, des acteurs de notre société, donc ce soir, révoltés par ce décret nous faisons la proposition suivante :

Tous. Retrouvons-nous tous, Place de la république, pour brûler ce décret et, pourquoi pas même les livres écrits par ceux qui restreignent nos libertés, eux qui incendient symboliquement et, conséquemment, nos bibliothèques et nos imaginaires, d’une façon "plus policée" (de police ?) qu’un autodafé, mais qui symboliquement - donc concrètement - agissent en cela comme leurs illustres prédécesseurs. Dont acte, de l’autodafé revisité.
Les Français, parait-il, se foutraient du livre… Faux, Monsieur le Ministre de la Culture, venez donc, déplacez-vous donc ne serait-ce que de temps en temps, dans les les salons littéraires (en province, car à Paris, il n’y a quasiment rien) pour voir les gens, comme vous et moi, enfin a priori comme certains et moi, mais pas vous, amoureux du livre, de la fiction ou du documentaire, pour comprendre que ça compte. Pas vrai, les Bretons ? Je dis ça, parce que les salons en Bretagne - bonjour Lamballe, Penmar’ch, Concarneau, pour ne citer qu’eux - donnent la mesure de l’importance du livre, de la lecture, de la relation entre auteur, culture, association, ville, public.
Monsieur le ministre, bien entendu, déplacez-vous à Brives, ou Porte de Versailles, mais venez aussi, surtout, là où des amoureux du livre travaillent bénévolement chaque année, dans l’anonymat médiatico-politique. Venez mesurer combien le livre compte pour ces gens de tous les horizons venus. Combien, pour eux, la lecture et le livre demeurent importants. Et, de par nos métiers, monsieur le ministre, nous faisons la passerelle, nous qui sommes des auteurs, à ’instar des petits producteurs versus la grande distribution, des auteurs peu connus, mais suffisamment pour tenir. Des auteurs qui alimentent cette industrie du livre peu reconnaissante, nous qui sommes les plus mal rémunérés. Comme les petits producteurs. Malgré cette hérésie, où notre travail n’est jamais considéré comme un travail, nous allons, parce que nous aimons le livre, parce que nous aimons ce que nous faisons, nous allons donc à la rencontre de ce public qui, lui aussi, aime le livre, et la lecture. Donc, cher public, puisque votre ministre vous dénie, suivez le blog de François Bon, de Francis Mizio, suivez Twitter, suivez tous ceux qui vont relayer l’information et défendez les lecture, livre, culture, liberté.
Francis Mizio et moi-même proposons un contre-autodafé : brûlons le décret sur la place de la République. Brûlons publiquement, Républiquement, ce qui menace nos libertés.
Nous croyions avoir coupé la tête du roi, mais, permettez-moi, en tant que psy et écrivain, de vous suggérer que la coupe fut partielle. Nous avons appris à laisser faire, parce que nous n’imaginions pas que ça recommencerait… mais si ! Ça recommence, et ça pourrait bien être pire, car les moyens de contrôle et de censure, d’autocensure, sont plus élaborés qu’il y a deux cent, ou même soixante ans.
Il nous reste à déterminer une date… ensemble.

Restez vigilants, suivez le fil, et tenez bon !
Lalie Walker

Ps : je me dis, qu’avec ça, ce type de position, je suis, comme François Bon et Francis Mizio et d’autres, bonne pour la taule… étrange, je n’aurais imaginé, il y a seulement cinq ans, écrire une pareille absurdité. Dire ce que je pense, et me dire que je risque un retour de bâton… les temps ont définitivement changé.


Vos commentaires

 

Aujourd’hui… c’est grave ! Et c’est la goutte d’eau. par mag, le 27 novembre 2009 à 18:24    

Oui vous êtes bonne pour la taule !!! C’est exactement ça !!!! Et c’est bien pour cela que vous avez raison sur toute la ligne pour ce qui est de la puanteur qui envahit nos vies… Une dame allemande d’origine disait à la télévision lors des élections présidentielles qu’elle sentait déjà cette même ambiance… c’est dire… Alors moi je pense qu’il ne faut pas brûler ce décret, pour que si un jour l’histoire n’a pas disparue tout bonnement de l’enseignement, on puisse montrer à nos enfants comment ça commence…

 

 

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